INFLUENCE DU PREFERENDUM THERMIQUE SUR LE POISSON ET SES STADES DE DEVELOPPEMENT. - PÊCHE EN SEINE-ET-MARNE proposée par André MARINI

Pour nous, pêcheurs, le preferendum thermique est particulièrement important mais...qu'est ce que c'est ?

 

PREFERENDUM THERMIQUE

 

"C'est la température optimale choisie par un animal de préférence à toute autre". Synonyme : THERMOPREFERENDUM
(Piéron 1973).

Mais le poisson est ectotherme, c'est à dire qu'il ne contrôle pas sa température interne et que celle-ci est à la température de l'eau. De ce fait, le preferendum thermique ne sera atteint que lorsque l'eau sera, pour chaque espèce, à la température idéale.


C'est à ce moment que le métabolisme sera au maximum et que le poisson sera le plus actif, à la recherche de nourriture.

 

Il y a donc lieu de rechercher le poisson là où la temprérature est la plus proche de son preferendum sans, pour autant, être sûr de faire de bonnes pêches mais si l'on n'en fait pas à cet endroit, il est certain que l'on n'en fera pas ailleurs.

On peut, à titre anecdotique, se souvenir que les pêcheurs d'hiver recherchaient le poisson à la sortie des canaux de refroidissement des centrales nucléaires, là où l'eau atteignait trois degrés de plus que l'eau courante.

 

Mais ce phénomène peut être modifié ou compliqué par d'autres facteurs extérieurs ou propres à l'espèce : Manque d'oxygène, espaces trop ouverts à la prédation, période de fraie.

 

NUANCES

 

-Période de fraie :

 

Le poisson, préoccupé par son instinct de reproduction ne mord pas ou mord peu, quelle que soit la température de l'eau, qu'elle se rapproche ou non de sa température idéale.

 

-Variations de température de l'eau en fonction des aléas météorologiques:

 

En période chaude, la légère diminution de température de l'eau le soir puis le matin, sont très favorables. Par contre, un refroidissement brutal du fait d'un changement de vent qui passe au nord est défavorable, d'autant qu'il s'accompagne toujours d'une variation de pression atmosphérique rapide. 

 

-Nécessité de faire des réserves: 

 

Lorsque approche la saison hivernale accompagnée d'un refroidissement de l'eau, la nécessité de constituer des réserves de graisse pousse le poisson à s'alimenter davantage même si la température de l'eau s'éloigne du preferendum. 

Mais là où les choses se compliquent vraiment, c'est qu'à chaque étape de son développement, embryonnaire, larvaire, juvénile puis adulte, le preferendum thermique est différent pour atteindre, en plus ou en moins, des températures létales.

Voici un tableau sur lequel on retrouve les températures minimum, maximum et létales pour différentes espèces à leur stade de développement.

Lorsque l'on consulte ce tableau, on se rend vite compte que les températures idéales de la fraie sont voisines de celles de l'embryon. C'est parfaitement logique puisque ces deux étapes se suivent et, pour le stade de l'embryon, les températures sont légèrement supérieures puisque plus avancées dans le calendrier. 

 

On remarquera aussi les températures mini et maxi très éloignées du preferendum pour le sandre et le brochet adultes.

Ce tableau, issu d'une étude particulièrement poussée menée en 2011 par L. Tissot, et Y. Souchon, donne une dimension supplémentaire à notre pratique de la pêche, à la seule condition de mesurer la température de l'eau en surface, à la thermocline et au fond.

 

Dans un autre article, j'ai déjà indiqué comment l'on pouvait, avec peu de matériel, mesurer la température des différentes couches d'eau. Il suffit de s'y reporter.

 

A défaut d'être un article relatif aux techniques et méthodes, il peut être recommandé pour la surveillance des plans d'eau et rivières afin de prévoir quelle sera l'évolution de la saison de pêche et des saisons à venir. En effet, c'est le PREFERENDUM THERMIQUE qui déclenche les différentes étapes de l'évolution de la faune et, par voie de conséquence, de la pêche.

 

La fraie, l'éclosion, l'apparition des alevins ne sont pas programmées à date fixe mais se déclenchent lorsque l'eau atteint les températures idéales.

 

Ces dernières années, du fait d'aléas auxquels la faune n'est pas préparée, nous avons assisté à des hausses et des baisses imprévisibles de température et de pression atmosphérique qui ont provoqué plusieurs périodes de fraie.    

Tag(s) : #Faune halieutique d'ici ou d'ailleurs

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