COMMENT RENDRE LES POISSONS INSATIABLES. - PÊCHE EN SEINE-ET-MARNE proposée par André MARINI

Le présent article a demandé plusieurs mois de recherches, d'essais, de tâtonnements, d'expérimentations.

 

Je vous en livre aujourd'hui les conclusions.

 

Comme toute expérience qui demande des recherches scientifiques, l'article n'y échappe pas mais je m'interdis de développer des idées sans indiquer mon cheminement.

 

Vous voudrez bien m'en excuser, dans l'hypothèse peu probable où vous le trouveriez un peu trop technique.

 

Le respect du lecteur passe par l'explicitation, fut-elle un peu poussée, mais la vulgarisation excessive est, à mon sens, une discourtoisie flagrante à l'égard de ceux qui vous font l'honneur de vous lire et que l'on pourrait, injustement, supposer incapables de comprendre. 

 

Cet article est long, j'en ai conscience.

 

Mais il est à la mesure du temps qu'il m'a fallu pour mettre au point et expérimenter l'amorce qui en résulte. Par l'utilisation de ces produits dont la découverte est récente et la commercialisation encore plus, nous pouvons nous attendre à une révolution de notre pratique.  

 

Mon idée directrice est que si les poissons éprouvent la sensation de faim puis, après avoir mangé, la réplétion, on peut, ARTIFICIELLEMENT, provoquer cette faim puis, toujours ARTIFICIELLEMENT, perpétuer cette sensation, même après absorption d'une bonne quantité de nourriture. 

La faim et la réplétion sont conditionnées par de nombreuses hormones

la GHRELINE,

la LEPTINE,

l' INSULINE,

l' HYDRO-CORTISONE,

Le NEUROPEPTIDE Y,

le GLUCAGON-LIKE PEPTIDE-1  

La CHOLECYSTOKININE 

le PYY-36 

Mais, parmi elles, 2 SEULEMENT jouent un rôle RAPIDE et PREPONDERANT
LA GHRELINE
LA LEPTINE

LA GHRELINE

La ghréline est une hormone naturelle découverte par l'équipe japonaise de Kosima en 1999.

 

Sécrétée par des cellules spécifiques de l'estomac peu avant le repas et à son tout début, elle déclenche la faim, provoquant la prise de nourriture. 

 

La ghréline agit directement sur une population de neurones bien particulière contenant les neurotransmetteurs peptidiques appelés neuropeptide Y (NPY) dont le rôle orexigène (Qui donne envie de manger) est bien connu.

 

De plus, la ghréline bloque d'autres peptides inhibant la prise de nourriture, essentiellement la pro-opio-mélanocortine (POMC).

LA LEPTINE

La leptine est une hormone digestive peptidique secrétée par l'estomac et qui provoque  la sensation de satiété

 

On l'appelle parfois "hormone de satiété".

 

C'est une hormone anorexigène (Qui coupe la faim), agissant donc à l'inverse de la ghréline. 

Le processus est simple.
La production de ghréline éveille la faim puis, au fur et à mesure de l'ingestion d'aliments, sa production diminue au profit de la leptine produite de façon de plus en plus importante jusqu'à la sensation de satiété.

De là à dire qu'il suffit d'incorporer de la ghréline à l'amorce et des composants destinés à diminuer les effets de la leptine, il y a un pas que j'ai mis des mois à tester puis à franchir.  

Et oui ! Parce qu'il y a un inconvénient majeur !

Si l'on se procure facilement de la leptine utilisée comme "coupe-faim", il n'en va pas de même pour la ghréline, totalement introuvable.

C'est pourtant la recette miracle ! Donner artificiellement faim à un poisson et presque l'obliger à se nourrir ! Mais faute de ghréline, il fallait donc procéder autrement.

LES ECHANGES DU POISSON AVEC SON MILIEU

 

Dans son milieu, le corps du poisson est en osmose perpétuelle du fait de la différence de concentration entre l'eau et son corps.

 

Ce phénomène d'osmose bien connu n'est possible que parce que la peau du poisson est perméable et permet les échanges d'un milieu concentré vers un milieu qui l'est moins. En mer, du fait de la salinité, c'est l'inverse.

 

Il n'y a donc pas besoin de nourrir le poisson pour qu'il absorbe la ghréline puisque le principe hormonal pénètre même lorsque le poisson ne s'alimente pas.

MES TENTATIVES

1-) SUBSTITUTION DE LA GHRELINE.

 

Si l'on peut remplacer la ghréline par une hormone voisine, le tour est joué.

 

A)-Le cortisol qui joue aussi un rôle dans la digestion.

 

La difficulté réside dans l' impossibilité de s'en procurer, d'une part, d'autre part, le cortisol n'annule pas l'effet de la leptine produite par l'estomac du poisson qui s'alimente.

 

B)-Les hormones de croissance ou somatropine ou GH (pour Growth Hormone).

 

Leur prix est prohibitif et leur qualité douteuse. Par ailleurs, les dangers qu'elles font courir au milieu aquatique dissuadent très vite de les utiliser. 

2-) DIMINUTION DE L'EFFET DE LA LEPTINE

 

Si l'on ne peut pas, sans risque, ajouter une hormone qui donne faim, pourquoi ne pas essayer de diminuer l'influence de celles qui conduisent à la réplétion ?

 

A)-la CRP, protéine qui inhibe la liaison de la leptine à son récepteur. 

 

Très dangereuse. Pour l'humain, la CRP est le marqueur sanguin de l'inflammation. 

 

B)-L'insuline : trop dangereuse pour le milieu.

 

C)-Aliments courants (et sans risque) qui diminuent les effets de la leptine.

 

-Tous les aliments très riches en sucre et pauvres en Oméga 3. Pour cela, ne pas hésiter à mouiller l'amorce avec du soda ou du jus de fruit.

 

-Le miel ou le sirop d'agave.

 

-Le pain blanc et les céréales

 

-Le glutamate ou  l'aspartame. 

Le résultat de cette deuxième tentative est décevant parce que si l'on retarde les effets de la faim, on ne la provoque pas et cette méthode n'a d'intérêt que si le poisson est décidé et mordeur.

 

Dans ces conditions, oui, on peut prolonger la sensation de faim mais dans ces conditions seulement puisque toutes les phases préliminaires sont absentes.

J'étais donc sur le point d'abandonner en attendant des jours meilleurs, lorsque lisant le compte-rendu du Congrès annuel des vétérinaires, je suis tombé sur une annonce qui me donnait ENFIN la solution !

Lors du Congrès annuel des vétérinaires américains qui s'est tenu dans le Colorado, à Denver, en juin 2016, le laboratoire ARATANA THERAPEUTIC annonce le dépôt d'un brevet et la commercialisation d'un stimulateur d'appétit pour chiens.

 

L'additif utilisé est une hormone voisine de la ghréline dont se sont d'ailleurs inspiré les chercheurs. Il faut reconnaître qu'ils disposent d'autres moyens que moi ! 

MA BOUCLE EST DONC BOUCLEE et mes recherches que j'ai cru inutiles ne s'avèrent...par hasard...pas si inutiles que ça...au bon moment ! 

Ce médicament vétérinaire nommé ENTYCE, contient la capromorelin, hormone proche de la ghréline et qui déclenche la faim.

 

Bien entendu, pour l'instant cette substance ne se trouve qu'aux Etats-Unis, et, par voie de conséquence, via la Chine, mais le résultat est tel que je ne me suis pas privé de m'en procurer. 

On dit que la capromorelin est la substance AGONISTE de la ghréline.

DEFINITION DE SUBSTANCE AGONISTE.
Substance qui se fixe sur les mêmes récepteurs cellulaires qu'une substance de référence et qui produit les mêmes effets.

La capromorelin est déjà bien connue et commercialisée par les laboratoires PFIZER comme stimulante de l'hormone de croissance GH, considérée comme la pilule de jouvence.

 

Les laboratoires Merck, tristement célèbres depuis la commercialisation du Lévothyrox, travailleraient également sur un médicament similaire à celui de Pfizer mais, pour l'instant, on ne trouve cette hormone qu'en provenance des Etats-Unis. 

 

J'ai donc atteint mon but et je me suis livré aux expérimentations, en bassin d'abord, en milieu naturel ensuite.

LE RESULTAT DEPASSE TOUTES LES ESPERANCES !

 

Si, dans un premier temps le poisson n'est pas mordeur, les hormones pénètrent dans le corps par le phénomène d'osmose décrit plus haut et déclenchent la faim au point que les poissons, même repus, continuent à mordre.

 

Pour cela, il faut introduire la capromorelin dans l'amorce MAIS introduire également les éléments qui retardent la sensation de satiété.

 

Cette seconde opération est très simple. Il suffit d'utiliser des céréales, du jus de fruits non gazeux...en concentré, c'est plus facile...du miel ou du sirop d'agave, du pain blanc, du glutamate ou de l'aspartame.

 

Vous pouvez d'ailleurs ne constituer votre amorce qu'avec certains de ces produits.

LA CAPROMORELIN ET LA LOI

Le fait de jeter dans les eaux définies à l'article L. 431-3 des drogues ou appâts en vue d'enivrer le poisson ou de le détruire est puni de deux ans d'emprisonnement et de 4 500 euros d'amende.

 

Ceux qui, en vue de capturer ou de détruire le poisson, se servent d'explosifs, de procédés d'électrocution ou de produits ou de moyens non autorisés sont punis des mêmes peines.

Cette pratique n'a pour but

 

-Ni d'enivrer le poisson.

 

-Ni de le détruire.

 

On peut donc considérer qu'elle est, A CE JOUR, conforme à la loi qui, peut-être, sera amenée à être modifiée lorsque ce mode de pêche, trop rentable, ce sera généralisé.

Je n'ai pas encore expérimenté la sensation de faim sur les prédateurs mais, comme vous pouvez vous en douter, je l'ai en tête et je ne manquerai pas de mettre un produit au point...à moins que vous ne me précédiez dans cette démarche, auquel cas, je suis preneur des résultats.

Tag(s) : #Les amorces pour la pêche au coup.

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